Le calvaire des victimes du Mediator

Le succès médiatique de notre manifeste a conduit les représentants du laboratoire SERVIER à tenter de se justifier auprès des signataires, des journalistes et du public

Leur message se résume à cette phrase,  : « Le Mediator a entrainé chez certains patients des effets indésirables sérieux pour lesquels une réparation et une indemnisation sont nécessaires. Le groupe Servier vit ce drame avec gravité, respect et compassion pour les patients et leurs proches. » (communiqué SERVIER). Ce même communiqué donne des chiffres sur le nombre de dossiers traités et clos.

Voyons en quoi consiste la compassion de SERVIER vis-à-vis des victimes (encore vivantes) du MEDIATOR, à l’aide d’un échange de correspondance stéréotypé qui concerne des centaines de plaignant(e)s. Nous terminerons par le témoignage vidéo d’une victime sévèrement touchée, témoignage qui se passe de commentaires.

Le cas de Fabienne

Le cas le plus fréquent est celui d’une femme d’environ 50 ans, qui a pris du MEDIATOR pendant quelques années. Appelons-la Fabienne. L’échographie a retrouvé un épaississement des valves cardiaques avec une fuite modérée. Fabienne est essoufflée à l’effort depuis la prise du Mediator et l’avenir à long terme du son coeur est difficile à apprécier. Par chance (si je puis dire) Fabienne a gardé des ordonnances attestant la prise de MEDIATOR et elle fait appel à l’ONIAM en 2012, organisme officiel qui a pour mission d’apporter une expertise indépendante sur les troubles allégués et la responsabilité potentielle du MEDIATOR. L’indemnité en jeu se monte à quelques milliers d’euros, et ne permet donc pas à Fabienne de faire appel à un avocat.

Episode 1 : Un nouvel espoir

Deux à trois ans après le dépôt de son dossier, Fabienne reçoit un rapport d’expertise de l’ONIAM qui analyse son dossier et se termine en ces termes :

 Le collège d’experts conclut :

  • à la preuve de la prescription de Benfluorex (MEDIATOR)
  • à l’existence d’un lien de causalité entre la prise de benfluorex et la pathologie valvulaire à l’origine d’un déficit fonctionnel
  • à l’indemnisation des préjudices susvisés par la société les laboratoires Servier ou par son assureur.

Une énumération des préjudices évalués par le collège est associée à ces conclusions. Elle  permettra de calculer l’indemnisation dûe par SERVIER à Fabienne.

Fabienne croit que son affaire est en bonne voie et pense recevoir rapidement un chèque de SERVIER.

Episode 2 : l’Empire contre-attaque

Malheureusement, la première marque de compassion du laboratoire SERVIER  est matérialisée par un courrier d’un centaine de pages, adressé à l’ONIAM et dont Fabienne reçoit la copie en recommandé. Ce dossier comporte une lettre d’introduction, un argumentaire d’une vingtaine de page qui conteste point par point la totalité de l’avis rendu par les experts indépendants de l’ONIAM, et une centaine de pages d’annexes.
Si cette attitude possède une logique juridique, elle est odieuse sur le plan humain. Voici la lettre-type que reçoit Fabienne.


ServierLettreSimmons-patiente-ONIAMSuivent les contestations résumées dans l’introduction-type de l’argumentaire des avocats de SERVIER. Rappelons que le dossier de Fabienne est très simple : elle possède les ordonnances de MEDIATOR attestant de la prise prolongée de ce médicament, un bilan cardiaque caractéristique des lésions dues au MEDIATOR, et un âge auquel on ne rencontre que rarement spontanément ce type de lésion.ServierLettreSimmons-resumeargumentaire-ONIAM

Suivent une quinzaine de pages qui contestent point par point la totalité du rapport des experts de l’ONIAM. Le cynisme y est constant : une cause fréquente de contestation est la prise ancienne d’ISOMERIDE ou de PONDERAL, produits SERVIER retirés du marché en 1997 pour les mêmes raisons. SERVIER se défausse donc sur SERVIER ! La prise d’un générique du benfluorex, même brève, est également un motif fréquent de contestation. La bonne santé préalable de la victime est systématiquement mise en doute : il est souvent fait état de l’absence de preuve de la normalité des valves cardiaques avant la prise du médicament, comme si tout le monde faisait une échographie cardiaque à 40 ans en l’absence de symptômes ! La responsabilité du MEDIATOR dans les anomalies constatées est donc rejetée sous tous les prétextes, malgré l’expertise clinique scrupuleuse et indépendante de l’ONIAM.

Le préjudice lié aux lésions est presque toujours nié dans sa totalité, la proposition d’indemnisation se résumant souvent à ce stade à : zéro euro ! (en toutes lettres)

Notre confrère Michel Cymès a déclaré pendant son émission du 7/9/2015 qui donnait la parole à l’avocat de SERVIER,  qu’il avait eu lui-même beaucoup de mal à comprendre les termes de ce courrier :

Me Robert répond (mais sans vraiment le dire) que c’est la logique judiciaire qui est en cause, ce qui est vrai. C’est une logique qui consiste pour l’avocat à minimiser faire annuler l’indemnisation due par son client aux victimes, en faisant contester par ses experts tous les éléments à charge.

Mais encore une fois, où est la prétendue compassion de SERVIER et de ses conseils ?  Ne pourrait-on pas imaginer que dans une affaire aussi grave, SERVIER fasse profil bas et se réjouisse de la modestie des indemnités françaises ? Une affaire identique aux USA a coûté en 1997 des milliards d’euros à la société américaine WYETH à qui SERVIER avait licencié une molécule coupe-faim  proche du MEDIATOR !

Qu’est-ce qui empêche SERVIER, s’il persiste à contester contre toute évidence la totalité du rapport de l’Oniam, d’adresser un courrier séparé à Fabienne, dans lequel il pourrait écrire par exemple :

Madame,

Vous avez déposé auprès de l’ONIAM une demande d’indemnisation, pour des troubles que vous attribuez à notre médicament MEDIATOR.

Croyez bien que nous sommes désolés pour les souffrances que vous endurez, et sachez que notre société réparera sans défaut tout préjudice qui sera rapporté à la prise de notre médicament. Dans l’attente de cette issue, vous allez recevoir de nos avocats des courriers qui pourraient vous paraître peu compatissants. Il s’agit de la marche normale de la justice, qui prévoit une étape de débat contradictoire entre les experts de l’ONIAM et les nôtres. La loi prévoit que vous soyez mise en copie pour information.

Sachez qu’à l’issue de ce débat, tout préjudice réel sera l’objet d’une proposition d’indemnisation de notre part.

La direction du Laboratoire SERVIER

 

Voila qui serait de la véritable compassion, de la part d’une société mise en examen pour « tromperie aggravée avec mise en danger de l’homme”, “escroquerie”, “homicides et blessures involontaires”, “trafic d’influence et prise illégale d’intérêts”.

Episode 3 : Désolé, je ne suis pas assuré

Revenons à l’affaire de Fabienne. Après avoir compris que ce premier courrier n’est qu’une étape de la défense de SERVIER, elle va attendre de nouveau de longs mois, et recevoir un nouvel avis définitif de l’ONIAM, prenant en compte (ou non) les contestations de SERVIER. Fabienne pense alors que son combat est terminé.

Las, voici le courrier qu’elle va recevoir peut de temps après :

ServierLettreAssureur

Ce nouveau courrier est toujours aussi incompréhensible pour Fabienne qui commence à désespérer. Il s’agit en fait d’une nouvelle étape juridique, SERVIER faisant systématiquement appel à son assureur. A l’issue de ce courrier de désistement de son assureur, SERVIER dispose de 3 mois pour faire une offre d’indemnisation à Fabienne, suivant le barème de l’ONIAM, plutôt avantageux pour le laboratoire.

Cette offre parviendra à Fabienne quelques jours avant la fin de ce délai de trois mois. Pourquoi attendre si longtemps ?

Episode 4 : Gardez la monnaie !

Il s’agit désormais de pousser Fabienne à accepter une proposition très avantageuse pour le laboratoire SERVIER, le mot « regret » va donc apparaître pour la première fois, sans que le laboratoire SERVIER précise ce qu’il regrette :  est-ce de lui avoir fourni un médicament toxique ? Ou est-ce le caractère dérisoire de cette indemnisation ?

ServierLettrepropositionanonyme

Epuisée par cette procédure, Fabienne va accepter cette offre qui est donc censée compenser une altération définitive du bon fonctionnement de ses valves cardiaques. Notez l’arrondi ! Nous avons affaire à des seigneurs… Ce que SERVIER ne dit pas en revanche, et ce que Fabienne ne peut pas vérifier, c’est que tous les préjudices ne sont pas forcément pris en compte par cette indemnisation, car SERVIER ne donne aucun élément permettant de comprendre comment cette indemnité a été calculée.

Episode 5 : Signez là…

Dès cette acceptation enregistrée, les avocats reprennent leur ton habituel. Il s’agit désormais de persuader Fabienne que cet accord la prive de tout recours ultérieur, en omettant de préciser qu’elle garde légalement la possibilité de saisir à nouveau l’ONIAM en cas d’aggravation de son état, et qu’elle pourra prétendre à une nouvelle indemnisationServierLettrepropositionrenoncement

Epilogue

Dans cette affaire, d’une grande simplicité et peu coûteuse pour le laboratoire SERVIER, ce dernier aura utilisé tous les artifices juridiques disponibles pour tenter d’échapper à son devoir d’indemnisation et pour retarder son versement.

A aucun moment, sauf quand il s’agit de convaincre la victime d’accepter une indemnisation symbolique, SERVIER ni ses avocats ne font preuve de la moindre empathie pour Fabienne et les autres victimes de ce désastre sanitaire.  Prétendre que  le laboratoire SERVIER a fait preuve de compassion pour les victimes est aussi faux qu’odieux dans un contexte aussi dramatique, et c’est pour cette raison que les signataires du manifeste ont suivi Irène Frachon sans la moindre hésitation.

Le dossier que nous venons de vous présenter est simple et porte sur une indemnité très modeste. Le faible pourcentage (pour l’instant) de dossiers ONIAM n’ayant pas reçu d’offre correspond bien sûr aux dossiers dont l’indemnisation atteint des centaines de milliers d’euros. Et dans de nombreux autres dossiers, les victimes ont accepté par lassitude des indemnisations modestes, rapportées au préjudice qu’elles ont subi.

Il faut d’ailleurs rappeler que la victime que SERVIER tarde à indemniser ou qui reçoit une proposition de SERVIER manifestement insuffisante peut saisir L’ONIAM qui se substituera si nécessaire au laboratoire défaillant.

Enfin, dans les procédures civiles (hors ONIAM) , qui correspondent aux séquelles les plus lourdes, la résistance de SERVIER est encore plus forte. Ecoutez le témoignage poignant de cette victime :

 

Face à cette triste réalité et à ce comportement impitoyable, entendre le laboratoire SERVIER parler de compassion est tout simplement indécent.

Les premiers signataires du manifeste répondront collectivement à cette imposture.

16 réflexions au sujet de « Le calvaire des victimes du Mediator »

  1. Lucie

    Bonjour a tous je pris le MEDIATOR pendant 6ans je soufre de 2fuite vilvopathique insufisance cardiaque insuffisance pulmonaires hypertension 14 à22 vertige perte connaissance 2 à3fois par ans depuis deux ans essoufflée à l’effort faiblaisse dépression sans travail en invalidité avec 364euro de pension d’invalidité agricoles .j’ai aah pendant 4ans et après c’est le refus aah par contre j’ai passée devant un médecin de travail j’ai toujour eu mon invalidité2em catégorie j’ai fais le recoure au TCI depuis 2ans sans réponse je ne jamais eu ni assistance social ni personne même cas que moi pour se parles dons je suis isolé et perdu se renfermer avec milles question sans réponse ni espoir de gaigne causse et j’attend le résultat de mon avocat pou le plainte de Mediator sans espoir .Dons si quelqu’un a eu la même cas que moi prier de me contacter j’en ais vraiment besoin de parler ou quelqu’un peux m’aider pour je suis perdu je me sens abandonner et mis à côté avec aah et sans nouvel de TCI je me sens double triple peine désolé pour les faute d’orthographe

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  2. vergin khomiakoff

    ONSOIR je viens de trouver des ordonnances prouvant que j ai pris du mediator pendant 2 ans en 203 et 2004 je voulais savoir si les medecin qui ont presquic ce me dicament sont poursuivi car ce medecin est qu elqu un de bien et je ne veux pas qu il lui arrive queque chose merci

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    1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

      Bonsoir,
      Non, les médecins ne sont pas poursuivis, car ils ont été trompés par Servier comme les patients.

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      1. zaz

        bonjour . il y a t-il prescription pour déposer plainte ? mon papa en a consommé de 1990 à 2005 . il est décédé d’une ambolie pulmonaire avait des crises de démences (effet indésirable ) . décédé en 2005. trop tard pour déposer plainte ? a aucun moment la sécu nous a écris meme pour nous faire connaître nos droits en tant qu’ayant droit . merci pour votre réponse

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  3. Ginting

    Bonjours je me présente je suis madame ginting marie ?? Je suis une victime du médiators , donc mon docteur traitant m’avait prescrit le médiators de l’ans 2000 à 2009 tous d’abord à deux comprimé par jour, et de plus en plus sa passé à trois comprimé par jours pour perdre mes. Kgl vue mon accident travail, que je me suis retrouvé dans une chaises roulants pendant,?? et pour faire le kinésithérapie il fallait perdre les Kgl, pour que mon genoux ne supporte pas le sur poids ? Ce qui m’a déclenché une hypertension ( 22) et une fuite aortique qui étaient de grade ( 1) qui a nouveau à passé à grade ( deux) , j’ai passer. Par l’opium qui m’a indemniser une petite sommes de 1.900 euros ( le coeurs d’un humains et notre vie ne valent pas grand aus yeux de laboratoire servier, ( alors qu’on payer à notre docteurs pour. Nous aider à diminuer le sur poids ( à la place de nous aider ???on nous détruise la santé qu’elle honte?? , on es devenue les cobaye à la porté des mains de certains docteurs) ????alors. Que ma fuite aortique étais à un grade et aujourd’hui sa fait que monté sa a passé à grade ( deux) et je ne dorme plus et en plus sa a bouleversé ma vie de couples suite à cela, ?? mon mari a fait deux arrêt cardiaques.?? Car il a tellement peur de se retrouver toute seule?? , vue qu’il a déjà perdue sa première femme dans un. Accident voiture le pauvre il es dans un état pas possible et je suis obligé de tenir le coup même si mon hypertension et ma fuit aortique me fait tellement souffrir plus mon handicapés, , je tien le coup pour mon homme, ?? mes enfants ??et petits enfants,?? en sachant d’un moments à l’autre je vais aussi y passé? ?? suit à ce médicament qui m’a détruit ?? , plus d’avenir pour moi,???? Pour les riches la vie d’un pauvre n’as aucune valeurs, ?? on es juste des cobaye de laboratoires??, il faut faire bien travaillé certains docteurs et certains cardiologues qui on une complicité avec le laboratoire servier))) qui essaye de nous faire croire le blancs pour le noir??, alors qu’on s’est ce quoi qui nous as rendue dans un t’elle état, on es victime de leurs conneries qui nous fait mourir à petits feu et ces personnes ose venir nous raconter leurs chantage avec un grand sourire au coin des lèvres à vrais dire à ce que je comprends ce n’est pas les victimes qui sont’a plaindre?? mais les fautifs, ?? a ce que je vois laboratoire servier. Ne fait que repousser la procédure ? Vue que ces médicaments tué à une vitesse ??comme ça les responsable de ces crimes vont passer à travers les filets, et nous on sera ( crevé) voilà la raison le pourquoi que le procès est toujours repousser, ?? On nous prend pour des andouille fumée, en tout les cas je ne fait plus confiance ba aucun docteur , ??? Depuis encore moin au médicaments ?? Il ne faut pas être aussi andouille pour comprendre qu’on est les proie facile pour certains docteurs quand on vas voir le docteur qu’elles vous prescrit un médicament pour perdre les. Kg nous on fait confiance mais. Ce médicament vas peut vous aider à perdre 500gr ou un petit kg ( mais en revanche sa va nous déclenché une autre maladie comme ça vous allez à nouveau chez le docteur et à nouveau elle nous donnera un médoc pour soulagé ma qui va à nouveau déclenché autre choses s’est comme ça qu’il leurs sous et fait travailler les laboratoires, si plus personne ne prend plus leurs médicaments qui tue, ??? De toute façons on va quand même mourir un jours à l’autres, croyez certains et cardiologues et laboratoire fermera leurs portes , ?? On est des humains et non des animaux ???

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  4. Ginting marie

    Bonjours je suis une victime du médiator qui ma déclencher une fuite aortique grade un, et une hypertension 18, a22) tout comme ce pauvre monsieur je me suis fait prendre au piège lui il a eu 7500 euros , moi une petite somme 1900 euros si ce n’es pas une honte ce que vaut la vie d’un humains , notre souffrance vis à vis les gros riches ne valent pas grand choses, on es considères comme des chiens ou des singes, ou des souris, ou encore mieux comme des esclaves, pour faire le marché des produits qui tue sur les pauvres humains sens défense. Le pire s’est qu’on a payé pour a ces docteurs pour nous détruire, chaque visite chez notre docteurs était payant , courage à toutes les victimes des médiators ,

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  5. A.S.

    A.S. médecin (cardiologie)
    Je n’ai pas eu pour ma part à voir de patient avec une valvulopathie dont l’imputabilité au Mediator ait été évoquée. Biais de recrutement ? Je travaille en soins intensifs dans un hôpital périphérique. Mais cela n’est pas tout a fait le propos.

    Je voudrai insister sur la caractére odieux , des le début, avant même que l’on puisse parler de victimes, du cas du Mediator. Ce médicament par design (chimique) et par dessein (commercial) est venu remplacer un médicament interdit spécifiquement (la dexfenfluramine, autre produit Servier) et généralement (comme anorexigène amphétaminique). Il s’est agit de remplacer le produit interdit par un précurseur qui le libère dans l’organisme, mais qui porte un autre nom. Il s’est agit de remplacer une indication interdite par une autre tout a fait théorique (antidiabétique et/ou hypolipémiant, avec une efficacité marginale ), ne servant qu’au titre de l’A.M.M., alors que le produit était tout à fait ouvertement marketté auprès des prescripteurs (les généralistes étaient presque seuls visés) comme un anorexigène.

    Pour la petite histoire je me souviens que lors des cours pour la préparation du concours de l’internat (vers 1992) un intervenant Endocrinologue avait dit (en substance)lorsque questionné sur le Mediator: « ne prescrivez jamais cette saloperie, cela n’est pas différent de l’Isomeride (dexfenfluramine)… ». Ceci montre bien que la toxicité de ce dernier était déjà bien connue et que la parenté avec le Médiator était tout fait connue également ‘par ceux qui savent’.

    Il est dommage que dans la presse généraliste le Médiator soit présenté aujourd’hui comme « un antidiabétique a usage détourné comme coupe-faim » alors que c’est à l’inverse un coupe faim présenté comme un antidiabétique (par le fabricant, en toute connaissance de cause, afin de pouvoir étre autorisé et remboursé) !
    Je m’étonne donc que ce produit ait pu être maintenu sur le marché après 1997 date du retrait (tardif) en france de l’Isoméride.
    Je m’étonne surtout que cette A.M.M. mensongère ait pu survivre grâce a un « secret de polichinelle », et probablement a un certains nombre de complicités.
    Il y a crime contre les individus certes, mais aussi contre la collectivité qui s’est vu devoir rembourser des traitements inutiles, dangereux et avec une indication clairement mensongère, et également a du financer les traitements des complications.

    L’État devrait rechercher la responsabilité ‘en bloc’ de Servier, au delà de ce qui pourrait étre pris pour un ‘accident industriel’ mais qui est est surtout (seulement?) une fraude, puisque dès le début des années 90 la toxicité potentielle du produit est connue. On ne peut donc parler d’accident.
    Tout cela sans préjudice de la responsabilité de Servier vis a vis des victimes, que manifestement le Laboratoire traite de façon désinvolte et méprisante. Il est est clair que l’imputabilité d’un effet indésirable à un traitement est parfois difficile à établir, mais dans cette affaire le Laboratoire, pour toute les raisons évoquées ferai mieux de faire profil bas et de payer sans faire d’histoire.

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    1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

      Merci pour ce témoignage. Le soutien des cardiologues est malheureusement trop rare. Vous avez tout à fait raison : il s’agit bien d’un coupe faim présenté comme un antidiabétique, et non le contraire !

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  6. Vie brisée

    on m’a prescrit de l’ISOMERIDE en 1988 et années qui ont suivi puis du MEDIATOR en 1994 et ce jusqu’à fin 2009 j’ai subi DEUX opérations de remplacement de DEUX de mes valves en octobre 1999 et février 2011 (durant cette dernière opération j’ai fait un coma…)
    je suis sous traitement anti-coagulant depuis et ce tout le reste de ma vie avec les controles qui s’imposent. En 2010 j’ai entamé une procédure à l’encontre des
    laboratoires SERVIER qui m’ont imposé plusieurs expertises avec les déplacements qui s’imposaient- en dépit de ma fatigue ! – A la suite de ce laxisme
    j’ai déposé un dossier à l’OMNIAM – la causabilité a été reconnue -et je suis
    toujours dans l’attente d’une proposition d’indemnisation. J’ai énormément souffert ainsi que ma famille j’ai trois enfants et quatre petits enfants et je suis diminuée dans toutes mes activités. je prends un traitement anti depresseur et des somnifères du fait du bruit permanent de mes valves qui m’empeche de dormir.
    J’exerçais une activité professionnelle en qualité de responsable cadre, j’ai été
    licenciée pour incapacité a poursuivre mon activité et mise en invalidé !!!
    Qu’attendent-ils chez SERVIER ..notre mort !!!

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    1. LEMAHIEU

      bonjour, j’ai 70 ans j’ai subi le 30 juin 2015 une lourde opération du changement de mes 2 valves cardiaques (mitrale et aortique), mais je me reconnais dans vos commentaires et je vais être obligée de consulter un psy car je pète un plomb, des mois d’attente car j’ai redéposé plainte auprès de l’ONIAM pour aggravation, le Dr Irène FRACHON m’a bcp aidé moralement et aussi dans la procédure des marches à suivre, bravo à cette grande dame, maintenant place à l’avenir…………….que vais je devenir ?

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  7. Bridgette

    Ça alors, c’est exactement mon histoire ! Moi j’en suis à l’épisode n°2. Connaître par avance les prochaines péripéties va me permettre de m’y préparer psychologiquement, car je dois reconnaître que le courrier des avocats de Servier m’a secouée ! Je ne me faisais pourtant guère d’illusions sur leur positionnement, mais j’ai été bouleversée par leur remise en cause de ma bonne foi. Contester le fait que j’ai consommé du médiator pendant des années malgré les preuves que j’en ai apporté, ça équivaut pour moi à me traiter de fraudeuse. Où donc est le respect pour les victimes dont les dirigeants de Servier nous rabattent les oreilles à longueur de communiqués ?
    Zéro euro pour moi aussi. Mais ce n’est pas ça qui me contrarie le plus. L’argent ne guérira pas mon cœur. Ce que j’attends en premier, c’est que Servier reconnaisse ses torts et qu’il me demande pardon, à moi et à tous mes compagnons d’infortune. J’ai une pensée fraternelle pour tous ceux qui souffrent au quotidien à cause du médiator. Les compensations financières doivent être à la hauteur des préjudices subis. Ces discussions de marchands de tapis sont indignes !
    Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi ces gens apparemment intelligents ne réalisent pas que cette stratégie autiste est suicidaire à long terme. Qui se risquera à faire encore confiance à Servier après tout ça. On est à l’heure d’internet, les infos circulent. Y’a-t-il un pilote dans l’avion Servier ? Si oui, il est urgent de vérifier qu’il n’a pas verrouillé la porte de la sa cabine.
    Un grand merci à Irène Frachon, à Dominique Dupagne, et à tous les signataires du manifeste, connus et inconnus. Votre solidarité nous fait chaud au cœur, vraiment.

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    1. Dominique Dupagne Auteur de l’article

      Depuis la publication de notre manifeste, SERVIER multiplie les communiqués et les interventions où il prétend traiter les patients avec compassion et avoir réglé l’essentiel des dossiers.

      Pour ce qui est de la compassion, vous avez lu le parcours de Fabienne.

      Et pour ce qui est de l’avancement des dossiers au civil, voici un extrait de l’infographie publiée par SERVIER sur son site
      http://www.manifestedes30.com/wp-content/uploads/Google-ChromeScreenSnapz017.png

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      1. Bridgette

        On ne peut nier que la com de Servier soit très professionnelle ! Mais cette infographie ne convaincra que ceux qui ont envie de l’être, comme par exemple cette préparatrice en pharmacie avec qui j’ai eu une conversation révélatrice. Depuis des années je vais dans la même pharmacie pour le renouvellement de mon traitement, et à plusieurs reprises on m’y a servi des médicaments Biogaran (c’était avant que je sache que c’est Servier qui les fabrique). La dernière fois, je cherche des yeux les produits Biogaran sur les présentoirs, et comme je n’en vois aucun, je demande à la préparatrice si la pharmacie les commercialise toujours. Elle (sur un ton enjoué) : « Bien sûr, c’est notre plus gros génériqueur, c’est un labo français ! ». Moi : « C’est français, oui, mais c’est Servier… le médiator… ». Comme elle n’a pas l’air de comprendre mon objection, je lui raconte en 2 mots ma double valvulopathie, l’expertise de l’ONIAM qui reconnait l’imputabilité du médiator, et malgré cela le refus de Servier de reconnaître sa responsabilité. Tout ça sans me plaindre, juste pour l’informer. Je vois son regard s’assombrir et je m’attends à une réaction d’empathie de sa part. Au lieu de cela, elle s’écrie, soulagée : « OUI, MAIS ÇA LES GENS LE SAVENT PAS ! ». Là, on s’incline ! Tant d’inconscience et de cynisme réunis ça mérite des applaudissements, non ???!!!
        C’était pas ma journée. Je rentre à la maison, j’allume la télé et je tombe sur la nouvelle pub Biogaran qu’on peut aussi voir là : http://www.dailymotion.com/video/x348fje . Un très joli film, avec des images tendres et douces, et une voix off qui susurre : « Quand on fait quelque chose les yeux fermés, c’est qu’on est parfaitement sûr. Parfaitement sûr de l’autre. Et quand on prend un médicament, ce sentiment est essentiel.» Ben voyons ! A aucun moment, il n’est question de Servier bien sûr. Quand on connaît ses agissements, on comprend que cette entreprise n’a d’autre choix pour refiler ses médocs que d’inciter les consommateurs à les acheter « les yeux fermés ».
        Je suis inquiète pour notre avenir collectif. Ils sont combien à penser : « Mon intérêt prime sur celui des autres. Je mets ma conscience dans ma poche, et mes euros par-dessus » ???

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